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 Choisir le mot juste

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Laurree
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MessageSujet: Choisir le mot juste   Dim 3 Juin - 20:11

Choisir le mot juste ou comment éviter les erreurs de langage les plus courantes, de Barnard Lecherbonnier.

Le titre parle très bien du livre.

Il est composé de 6 chapitres
:
Like a Star @ heaven Un mot pour un autre ; dérapages, contresens et autres barbarismes.
Like a Star @ heaven Un contrat light ; anglicismes et autres emprunts
Like a Star @ heaven Les téléphonages de la délaissée ; néologismes
Like a Star @ heaven Ch'est un cakoula ; le français à l'oral.
Like a Star @ heaven Un référentiel bondissant ; langue de bois et autres jargons.
Like a Star @ heaven A l'insu de mon plein gré ; Dernières perles. Pourquoi cette dégradation ?

Je n'ai lu que l'introduction et le premier chapitre, mais j'ai déjà énormément de passages à vous faire partager.
Je ferai donc chapitre par chapitre.

Je commence par l'introduction qui nous donne un avant-goût.

Bernard Lecherbonnier a écrit:
L'esprit de tolérance doit animer l'observateur des erreurs lexicales et grammaticales du quotidien. [...] Aucun d'entre nous n'est exempt d'un léger déraillement. Les puristes eux-mêmes ne manqueraient pas d'être pris en défaut si on les plaçait sous sévère surveillance. Cette tolérance exige néanmoins des limites : si le lapsus est humain, il convient en revanche de débusquer sans pitié les dérives, les dangers qui menacent le coeur de la langue, donc sa compréhension.

Ce passage me rappelle que je ne suis pas assez tolérante, l'erreur est humaine. Oui, l'erreur est humaine, donc tes fautes, Sébou par exemple, sont pardonnables.
Cependant je reste impitoyable envers les personnes qui partagent leur savoir, mais qui le font avec des fautes : les journalistes, les professeurs...

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Le fait que les anglicismes "best-of", "live", ou "pole position" viennent nous agresser à chaque fois que l'on écoute des informations radiophoniques ou télévisées ne tient pas du hasard. Cela indique clairement le refus des rédactions d'appliquer les consignes du CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) qui leur fait obligation d'utiliser les équivalents français de ces termes : "sélection ou florilège, "en direct", "position de pointe".

Comme quoi ils sont obligés, et pourtant les anglicismes sont très nombreux !
Comment voulez-vous que nous-mêmes ne soyons pas atteints de cette maladie si même les journalistes ne nous enseignent pas les bons mots.

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Le 28 juillet 2005, France Inter consacre une de ses principales émissions de débat, à 19h30, le Téléphone sonne au phénomène du 'blog", ce nouvel exhibitionnisme médiatique autorisant quiconque à déverser ses états d'âme sur la Toile. [...] D'entrée de jeu, le présentateur de l'émission affirme ne pas ignorer que la loi l'oblige à employer le mot "bloc" et non le mot "blog". Et il continue ainsi : "Comme toute nouveauté en provenance du monde anglo-saxon, le blog s'est imposé avec son nom anglais. Nous utiliserons donc ce dernier bien que nous sachions que cela est interdit". Ce salarié de Radio France roule-t-il sur l'autoroute à contre-sens, s'empare-t-il du sac des vieilles dames, fabrique-t-il de la fausse monnaie ? Probablement pas. Bon citoyen, il respecte toutes les lois. A l'exception de celles qui s'appliquent à son métier... D'ailleurs, quelles que soient les incorrections et avant même de parler du rôle des pouvoirs publics, un journaliste ne devrait-il pas avoir conscience de l'importance de faire vivre le français et de maintenir un niveau de langue ?

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Le vrai danger est que notre vigilance s'endorme et que nous devenions les victimes consentantes d'un matraquage médiatique qui anesthésie notre résistance.

Bernard Lecherbonnier a écrit:
A travers une collecte significative de ces barbarismes et autres bévues, nous tenterons de comprendre par quelles voies notre langue s'achemine lentement mais sûrement vers son abâtardissement, vers son affaiblissement. Or, ne l'oublions pas, une langue qui s'étiole ressemble à un arbre qui meurt : c'est une à une qu'elle perd ses nuances, ses couleurs, ses forces. Il pourrait bientôt ne plus rester d'elle qu'un squelette de bois qui criera sa peine et son chagrin au vent.

Je ne suis pas autant pessimiste que lui. Certes nous allons vers la dégénérescence de notre belle langue, mais je pense qu'il restera toujours des français pour la faire vivre, l'apprécier et la renforcer. Ce qui est triste, c'est que nous sommes peu nombreux.


Passons au chapitre premier.

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Ce chapitre emprunte son titre à une pièce de Jean Tardieu, datée de 1950. Dans cette comédie [...] les personnages échangent des propos dont tous les termes sont systématiquement employés à la place d'autres, ce qui donne à l'ensemble un air gentiment loufoque, sans toutefois - et c'est là le miracle de l'affaire - sombrer dans l'incohérence de l'absurde.

Voici un extrait de la pièce de théâtre :

Jean Tardieu a écrit:
Mme de Perleminouze :

"Hélas Chère ! j'étais moi-même très, très vitreuse ! Mes trois plus jeunes tourteaux ont eu la citronnade, l'un après l'autre. Pendant tout le début du corsaire, je n'ai fait que nicher les moulins, courir chez le ludion ou chez le tabouret, j'ai passé des puits à surveiller leur carbure, à leur donner des pinces et des moussons. Bref, je n'ai pas eu une minette à moi".

Bernard Lecherbonnier a écrit:
On l'aura compris : si le sens perdure malgré les transgressions sémantiques dont l'auteur s'amuse et nous amuse cela tient au fait que nous corrigeons spontanément les écarts qui font le charme et la poésie de ce texte. [...] Jean Tardieu accorde avec sa pièce un statut littéraire au lapsus, à l'incorrection, au faux sens, sur le mode comique.
[...] Pourquoi et comment un mot est-il susceptible de prendre la place d'un autre ? Parfois c'est tout simplement notre langue qui nous trahit : un mot est prononcé trop vite et une partie en disparaît au cours de l'élocution. Lapsus, glissade, raté... e mot appelé à se substituer au mot exact est souvent un avorton, inconnu au bataillon.

Passons maintenant aux exemples concrets que l'auteur a tiré de la radio ou de la télévision.

Bernard Lecherbonnier a écrit:
TF1 : la commentatrice du Journal de 13 heures, le 5 avril 2003, nous apprend que suite à un accident de la route, "il a fallu deux heures pour désincarner les victimes". Horreur ! Le mot "désincarcérer" a échappé au journaliste qui, de toute façon, aurait mieux fait d'utiliser le mot "dégager".

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Isabelle Morini-Bosc nous informe le 21 janvier 2004 que des prévenus ont été placés en "isolation". Sous une couche de laine de verre, pour éviter qu'ils attrapent froid ?

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Pierre Bénichou parle de "largeur d'esprit" à la place de "largesse d'esprit" sur Europe 1, le 22 juillet 2004. L'ouverture de l'esprit humain ne se mesure pas au mètre... Il est vrai qu'un journaliste ne fait pas obligatoirement un bon géomètre. On en aura eu une nouvelle preuve à l'écoute de France 5 qui s'interroge le 13 mars 2004 "sur le nombre de mètres carrés contenus dans un volume...". un homme de radio peut ne pas avoir fait Maths Sup. Mais le CM2 ?

Bernard Lecherbonnier a écrit:
"Prêt de" se substitue en permanence à "près de", ce qui constitue une double faute puisque "prêt" doit se construire avec "à" et qu'il n'a pas le même sens que "près".
"Saint-Nazaire n'est pas prête d'oublier ce match..." (France Inter, 22 novembre 2003).
"Le pluie n'est pas prête de s'arrêter" (France 2, 13 août 2002) ; "les traces ne sont pas prêtes de s'effacer" (France 3, 19 août 2002).
Et pour couronner le tout : "A quelques exceptions prêtes" (France 3, 8 mai 2004.
Manque d'attention toujours ?

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Madame Chazal voit désormais des volants partout. Ainsi signale-t-elle dans son Journal du 23 janvier 2005, un dangereux individu "interpellé au volant de son scooter".
Sachez-le : même les vélos seront dorénavant équipés d'un volant pour mieux négocier les virages et les coins de rue...

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Un nouveau casse-tête signé France 2 (1er juin 2002) : "La stabilité des revenus est la plus médiocre des évolutions depuis juillet 2002". C'est ce qu'on appelle courir sur place...

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Les plus agaçantes, les plus insupportables, ce sont les fautes révélant, exhibant chez leur auteur, une paresse, un laisser-aller qui, parfois sous couvert de la mode, aboutissent à des absurdités. Quelques exemples fixeront les idées. Sans cesse les médias utilisent les expressions "s'avérer faux" et "égalité parfaite". Avérer signifie "prouver comme vrai, se révéler vrai", donc par définition rien ne peut s'avérer faux ! L'égalité, de son côté, ne supporte pas d'être relativisée à moins d'admettre, à l'exemple de prétendues démocraties, que certains citoyens puissent être plus égaux que d'autres...

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Les attentats de Madrid vus, le 11 mars, par RTL : "Attentats de Madrid : témoins privilégiés...".
Quelle chance de s'être trouvé sur place au bon moment ! Pour prendre des photos, peut-être ?

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Un reporter de FT1 a repéré "des caravanes en orbite autour de Bordeaux". Jusque-là on ne savait pas que les gens du voyage provenaient de l'espace sidéral et que leurs caravanes étaient assimilables à des vaisseaux spatiaux. Enfin le mystère des extra-terrestres percé !

Bernard Lecherbonnier a écrit:
France 3 vante les mérites d'une version "apurée" d'un disque des Beatles... De quoi s'agit-il ? D'une version "épurée" ou "à purée" ? Seuls des comptes peuvent être apurés, c'est à dire reconnus exacts.

Bernard Lecherbonnier a écrit:
Un examen du contexte, de la phrase, du discours où s'insère l'erreur permet en général de distinguer ce qui relève de la simple étourderie et ce qui diagnostique une tendance plus lourde, un transfert de sens. L'un des critères déterminants pour juger qu'un tel processus est en cours : la fréquence de l'occurrence. Je dis bien "l'occurrence" et non "la faute", car il est fort probable que parmi les erreurs à répétition certaines soient vouées, à plus ou moins longue échéance, à se lexicaliser, à se faire admettre.

Vous me direz si vous vous êtes ennuyés, moi ça me passionne, mais si je suis la seule, je vous épargnerai ces rapports de lecture. Rolling Eyes
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Sherwood
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MessageSujet: Re: Choisir le mot juste   Dim 3 Juin - 22:06

Non, tu n'es pas la seule, ça me botte ! Mais je remarque que même en vacances tu lis des ouvrages qui ont trait à tes études...

Ce livre a l'air très interessant, tellement que tu vas en citer tout plein... Je vais plutôt chercher à l'emprunter (l'institution de la médiathèque !) que n'en lire que des extraits.

Je crois aussi que la langue française est vouée à disparaître, en tout cas celle que l'on connapit aujourd'hui. Les discours comportent toujours les mêmes mots, et quand on ne les connaît pas en Français on les met en Anglais... Pourtant (m'ont dit des Russes _en Français je précise) le Français est une langue très riche, qui possède la plupart du temps le mot exact pour désigner quelque chose. Encore faut-il le connaître.

Ca me donne une idée, ou plutôt une demande puisque je n'en sais rien et que nous en avons longuement discuté lors d'un cours de Russe : quelle est la différence entre "se souvenir" et "se rappeler" ? Dans l'un il y a une notion d'effort, dans l'autre la permanence, mais lequel ...?

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MessageSujet: Se rappeler / Se souvenir   Dim 3 Juin - 22:22

Ah mais non, ce livre n'a aucunement trait à mes études ! Je suis dans l'anglais, rappelle-toi.
Je fais de la linguistique [anglaise] mais totalement différente, c'est de la linguistique barbare que je fais ! Wink sujet du verbe machin, adjectif épithète du nom truc, proprosition mise en apposition, proposition surbordonnée complétive infinitive qui fonctionne en "object control", et gnagnagna. Non, là j'prends vraiment du plaisir à lire et à apprendre de la linguistique - qui plus est, française.

Emprunte-le, tu ne seras pas déçue. Smile
Du coup c'est à voir si je continue à publier des extraits, je le ferai si d'autres que toi sont intéressés.

Pour la différence entre "se souvenir" et "se rappeler", tu me fais un plaisir de poser cette question !! Ma tata m'a appris cela (Wink à Sherwood) lorsque j'étais très jeune et je ne l'ai jamais oublié. (Je m'en souviens encore, c'était sur le Pont Valentré à Cahors, j'avais 7-8 ans !).

D'abord, il faut savoir que l'on doit dire :
Like a Star @ heaven Je m'en souviens.
Like a Star @ heaven Je me rappelle. Je m'en rappelle

En effet, l'on se souvient de quelque chose.
Mais l'on se rappelle quelque chose. Se rappeler se construit donc sans préposition.

Like a Star @ heaven Je me souviens de ce professeur.
Like a Star @ heaven Je me rappelle ce soir d'été où nous avons joué.

Par contre, je ne saurais pas répondre à ta question. Quelle notion pour quel verbe...
J'espère que mes explications te conviennent quand-même ?
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snarkhunter



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MessageSujet: Re: Choisir le mot juste   Ven 22 Oct - 20:59

Laurree a écrit:
D'abord, il faut savoir que l'on doit dire :
Like a Star @ heaven Je m'en souviens.
Like a Star @ heaven Je me rappelle. Je m'en rappelle
Je suis presque totalement d'accord...

Oui : "presque". Parce qu'il existe une construction grammaticale qui permet d'avoir dans une phrase "je m'en rappelle", sans pour autant que ce soit erroné.

"Lorsqu'il se remémorait toutes ses frasques passées, il s'en rappelait de belles !"

Eh oui, les deux derniers mots modifient complètement la composition de cette phrase et l'usage du verbe dans celle-ci. Du coup, et même si je vous concède que ma construction est un peu "tordue", elle n'en reste pas moins on ne peut plus valide sur le strict plan grammatical.

Mais je vous laisserai le soin de justifier mon postulat !
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