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 Principes et préceptes du retour à l'évidence

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Réanimateur Vixoun'

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MessageSujet: Principes et préceptes du retour à l'évidence   Ven 27 Avr - 19:50

Monsieur Lanza Del Vasto est un serviteur de la paix, « Shantidas » comme l'avait nommé Gandhi, semblable en cette compétence à très peu d'Hommes de foi.

Le livre dont je vais vous entretenir ici est sous-titré « Eloge de la vie simple ». Certains autres appellent encore cela simplicité volontaire, mouvement de société que je croyais plus athée qu'il ne l'est vraiment. Mais après lecture de ce livre, je me rend compte que je suis en accord avec pas mal d'enseignements du christianisme théorique.

Le livre n'est pas écrit comme un roman mais en CCCXXV (325) principes indépendants les uns des autres mais classé selon des grands thèmes.

Je commencerai donc par le précepte I, qui va piano va sano.
Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
INTRODUCTION A LA VIE ERRANTE

I

La vie d'un doux bandit est dure à bien mener mais la joie des fontaines l'éclaire et toujours la grandeur du ciel.
Voilà longtemps déjà que je porte bâton, besace et barbe.
A force de me balancer d'un pied sur l'autre, j'ai fini par oublier ce qu'on m'a fait apprendre à l'école, par oublier ce que j'ai lu dans les livres.
[...]
Je ne sais plus que les choses tellement évidentes qu'un homme intelligent dédaignerait de les dire. Tellement évidentes que la plupart des hommes intelligents ont fini par les oublier.

Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
VI

[...]
Si la vie n'est pas la recherche d'une vérité en laquelle elle s'arrête et s'achève, alors elle est une erreur et tous ses pas la multiplication de cette erreur.
Je suis assez d'accord. Malheureusement parfois, voire souvent, la vie s'achève sans que la recherche de cette vérité n'ait aboutie. Et après, on me qualifie de pragmatique...Moustaki chantait : « Et pourtant dans le monde / D'autres voix me répondent ». C'est aussi l'impression que j'ai eu en lisant certains passages de ce livre.


Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
XIX

D'où t'arroges-tu le droit de donner, toi qui n'as rien que tu n'aies pas reçu, toi qui n'as rien rendu de ce qu'on t'a donné ?
Ne donne pas : partage.
Simplement, c'est tellement juste.


Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
DES POMPES ET DES OEUVRES
[...]
XXXVI

Que produisent-ils ?
De la vitesse.
Une forme de rien.
Vous souvenez-vous de ce « ils » ?


Je conçois que le dernier extrait soit un peu vague. Peut-être celui-ci vous permettra de comprendre mieux le contexte du précédent.
Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
XLIII

Bitume d'habitude et murs d'ennui...
Boutons, fils, rails, roues, engrenages, inextricable buisson des instruments commodes.
Il est devenu bien difficile de satisfaire à tant de facilités.
Tous ils perdent haleine à rattraper leur hâte.
Si la machine te semble utile, sers-t'en. Si elle t'es nécessaire jette-la loin de toi.
Ou bien tu deviendras esclave du Grand Personne. Bitume d'habitude et murs d'ennui.

Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
DE LA NUIT, DU MATIN ET DE LA MORT
[...]
LXXIII

[...]
Donne-toi, dépense-toi, pars, pense, chante, agis comme on fait quand on chante.
Que l'héritière ingrate, la Mort, quand elle viendra réclamer son dû, trouve les coffres vides, les restes d'une fête et la demeure quittée.
Le Carpe Diem n'est pas clairement explicité, mais je présume que l'auteur y pensait. Profitons de chaque instant comme s'il était le dernier car n'oublions jamais qu'il l'est.


Allez, que je sois fou ! Je vous en mets deux d'un coup.
Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
DU SILENCE

CV

Corrobore le jeûne par le silence. n'adresse la parole à personne ces jours-là. Si les gens te parlent, réponds-leur par gestes ou, si la nécessité t'y contraint, par écrit.
[...]

CVII

Tais-toi beaucoup pour avoir quelque chose à dire qui vaille d'être entendu. mais encore tais-toi pour t'entendre toi-même.
Alors... Je m'explique sur le choix de ce passage. L'expérience que j'ai de trainer m'a permis de méditer à la réflexion muette et j'ose donc faire part de mes humbles critiques quant aux opinions de ce grand homme.
Le silence est bon compagnon de la réflexion, nous sommes d'accord sur ce point. Je ne m'exprimerai pas sur le jeûne dont je ne fais pas l'expérience mais que je ne conseille pas, à la différence d'une nourriture diversifiée et raisonnable.
Mais aussi antonymique que cela puisse paraître, revenons à nos moutons méditatifs, comme aurait dit le juge de la farce de Maître Pathelin.
Le silence permet une réflexion profonde qui permet de nous mettre en accord avec nous-même. Mais la réflexion ne sert pas uniquement à chercher notre vérité ; elle doit servir à trouver les mots pour faire partager ses méditations avec les autres. Or la réflexion silencieuse ne permet pas cela.
Je préconise une réflexion, secondaire dans le temps mais pas en importance, qui se fera à haute voix si possible ou à l'écrit. Parce qu'avoir les idées vraies ne suffit pas à convaincre, qu'il faut également les mots justes pour les faire partager, cette seconde réflexion est indispensable à qui n'est pas égoïste de ses réflexions.
Je voudrais simplement ajouter indépendamment à cela que discuter avec les personnes que l'on rencontre permet de couper sa réflexion ce qui est une bonne chose. Une réflexion qui ne respire pas est totalement indigeste pour qui n'a pas exactement les mêmes définitions des mots que soi, c'est-à-dire personne d'autre que soi-même. Simplement, ne pas préférer les moments de repos de l'esprit à ceux de réflexion.

Mais revenons au livre.


Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
CX

Si tu parles de ton amour, c'est que tu n'aimes que du bout des lèvres.
Si tu parles de tes sacrifices, c'est que l'approbation de l'auditoire te semble moins vaine que la délivrance et la sagesse.
Si tu parles de tes visions, tu ne les feras pas voir aux autres et tu cesseras bientôt de les voir toi-même.
Si tu parles de tes pouvoirs occultes, ta vanterie les chassera de toi comme un exorcisme.
Si tu parles de ce que tu as de plus précieux, de la seule chose qui t'appartienne, du bien que tu as fait, le voilà vendu : tu te seras payé de mots.
Les côtés mystique et supersticieux mis à part, toujours rester modeste, non seulement dans ses paroles mais aussi et surtout dans la conception que l'on a de soi.


Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
DE DIEU

CLI

A celui qui démontrait que le mouvement n'existait pas en dissertant sur les contradictions que ce concept implique, le sage répondit sans parler : en marchant.
Les trop intelligents te démontreront tous que Dieu n'existe pas.
Et toi ne leur réponds pas, mais va prier.
Alors que tout son livre est un appel à la réflexion, dès qu'il s'agit de dieu, la Réflexion doit s'effacer devant la Foi ! Que dieu m'horripile ! Qu'il est bêtifiant, crétinisant ! Sale con !


Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
DE LA RAISON, DE LA FOLIE ET DU PASSAGE A LA LIMITE

CLIX

Tu n'aimes que les excès et les extrêmes, toi, chercheur d'absolu, homme-limite, ô sage.
[...]
C'est pourquoi je te dis : Prends la voie moyenne.
Car si tu te jettes dans un extrême, tu perdras l'autre, tu perdras la moitié de toi-même et brûleras l'autre, tu perdras la moitié du tout, tu perdras le tout.
[...]
CLXIII

Dans des chemins que nul n'avait foulés risque tes pas.
Dans des pensées que nul n'avait pensées risque ta tête.
N'est-ce pas contradictoire ? Ou bien faut-il penser et réflechir comme personne d'autre, trouver d'autres modèles théoriques de vie qui pourraient être préférable à ceux que la société nous propose mais il ne faudrait pas les mettre en application ? Mon côté empiriste me fait bondir à ces mots.
Car qu'est-ce que l'on nomme extrême si ce n'est une idée tellement neuve et distante des opinions « dans le vent » qu'elle pourrait chambouler des modes de vie bien établis, bien pépères ?


Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
CLXIV

Aie de l'égard pour les autres.
Aie de l'égard pour l'opinion des autres.
N'aie aucun égard pour l'opinion que les autres ont de toi.
Je suis entièrement d'accord mais j'ajouterai tout de même « sans pour autant te laisser marcher sur la gueule ».


Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
DU DEVOIR DE S'AIMER SOI- MÊME

CLXXIV

Aime-toi toi-même.
Comment aimerait-il les autres, comme lui-même, celui qui ne s'aime pas lui-même ?
Aime-toi toi-même. Aime-toi d'assez loin.
Aime les autres comme toi-même, et toi-même comme un objet appartenant à d'autres et précieux.

CLXXV

En toi-même, aime le Même et rejette le Toi : connais-le.
Quelques points peuvent paraître discutables mais je pense être d'accord avec tout cela.


Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
CLXXIX

A l'endroit de ta personne montre-toi pareil au roi jaloux qui veut que son ministre le représente avec tout l'appareil convenable ; mais dès qu'on prête trop d'attention à son ministre, il en prend ombrage, le prive de sa charge et le jette au cachot.
Méditez cette image très fidèle à ce que chacun devrait penser de sa personne.


Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
DES TROIS SERVITUDES
[...]
CLXXXI

[...]
La recherche du plaisir qui épuise la vie en la dissipant et dissipe le plaisir en le multipliant, quand il ne se bute pas aux barrières du dehors, tombe sur le vide qu'elle a creusé elle-même au-dedans : l'ennui.
[...]
L'ambition qui n'est pas le désir des choses, ni le désir du plaisir, mais le désir d'être plus fort que tout autre, le mène un jour à la rencontre d'un plus fort que lui, ou de la ligne invincible des faibles ou de la trahison des proches, ou de la mort à qui la dernière victoire appartient en tout cas.
Hosanna ! Hosanna ! Sauvons maintenant ceux que l'ambition dévorent. Ambition, crevure narcissique qui pourrit les Hommes ! Salope !
Je m'emporte.
Quant au plaisir, si j'étais chrétien, soit ! Il ne faut pas contrarier l'Auréolé du sixième. Mais moi l'athée qui désire monter au Septième ? Le plaisir ne se dilue pas, croyez-moi chez Joseph.


Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
DE L'AMOUR
[...]
CCCIV

L'homme vulgaire est celui qui a perdu ses limites, qui dépasse de la panse la frontière de sa ceinture, qui parle haut, crache au loin et rit à tue-tête ; qui se colle à son prochain avec ses mains, qui souffle sa bienveillance dans le visage de son prochain ; qui n'a de secrets que pour les souffler dans les oreilles de ses voisins de table et se coller à eux avec ses mains ; qui jauge la beauté des femmes comme on pèse de la viande.
Goguenard à ce qui est grand, incrédule à ce qui est unique, impitoyable à ce qu'il croit petit.
Plein de soi devant les autres ; ne s'aimant pas : haïssant d'être seul.
N'aimant aucun, mais complaisant au nombre.
Egayé par le bruit, vivifié par l'argent, intimement chatouillé par la foule.
La vulgarité n'est pas primitive : c'est une rinçure de ville, un produit de culture.
D'un sanglier elle a tiré ce porc.
Il n'a pas d'amour, car il est mélangé.
Il n'entend rien à la volupté, étant obscène.
Il n'a pas de passion et il n'a pas de sagesse, étant tiède.
Il n'a pas accès à l'infini, ayant perdu ses limites.
Alors ? Qui a encore envie d'être vulgaire, qui est beauf ? Et n'allez pas confontre vulgaire et épicurien !


Joseph Lanza Del Vasto a écrit:
CCCVIII

[...]
L'amour qui demande et qui pleure, tue-le ; l'amour qui étreint et qui force, tue-le. Apprends l'amour qui n'attend rien du monde mais rayonne de par sa vertu propre, l'amour qui insuffle force à la personne aimée et l'amène à la délivrance.
Délivrance !
Ce sera le mot de la fin.
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MessageSujet: Je suis perdue !   Lun 14 Mai - 20:46

J'aime beaucoup ton emportement face à Dieu ! Very Happy

Délivrance !
Hum... Mais veut-il en venir à l'amour libre !? Mais qu'est-ce exactement l'amour libre ? Il faudrait avant tout le définir... tongue

J'aime beaucoup la dernière citation, et je vais faire de Délivrance ! mon chemin vers le bonheur, le proverbe de ma vie, le sentier qui m'ouvre à la liberté, ma liberté... Wink

Oups ! Ma liberté s'est arrêtée à mon engagement auprès de la délivrance.

Je me rends compte que lorsque tu veux être libre, tu cherches comment l'être, et tu finis toujours par te buter à des parasites.
Plus j'y réfléchis, et plus je me demande s'il est réellement possible d'être totalement libre.

Etre libre, c'est pouvoir vivre avec sa seule personne, ses seules compétences dans la nature.
C'est donc avoir besoin de la nature.
Parce que sinon, sans la nature, être libre équivaudrait à n'être rien.

Devenir libre, c'est faire des choix et des concessions.
Finalement tu es libre lorsque tu es "privé" de nombreuses commodités de la vie quotidienne.
De plus, pour être libre, tu dois être seul. Non ?

Ainsi des conditions s'imposent à toi pour être libre. Tu n'es libre que lorsque tu as rempli ces conditions.
Etre libre, serait-ce respecter ces conditions ?
Alors tu n'es pas totalement libre puisque ta liberté est conditionnée ?

Vouloir devenir libre, est-ce l'influence d'un courant de pensée ? Ou sa propre conception de la liberté ?
Quelqu'un peut se croire libre, sans l'être aux yeux d'un autre.
Dans sa liberté, on est forcément conditionné par ses propres pensées.
Etre libre, c'est être subjectivement libre. Non ?

Je finis toujours par me perdre, je ne trouve pas de réponse à mes questions. Et plus je pense, plus je me perds.
Et là j'avoue, je suis noyée sous mes propres pensées.

Contredits-moi, débattons, mais explique-moi ta pensée, j'aimerais comprendre, puisque toi tu y as réfléchi.

Pardon pour ce message avarié, mes camarades administrateurs peuvent l'avaler tout cru en le supprimant sans pitié !
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MessageSujet: Liberté !   Lun 14 Mai - 22:42

Comme je l'avais proposé après la publication de trainer et comme je l'ai détaillé dans le préambule au dictionnaire, cette discution pourrait être un débat autour de la définition de la Liberté (la Liberté est toujours du côté rouge) et aurait donc tout à fait sa place dans le Dictionnaire Réanimé en tant que première Grande Définition.

Je n'ai pas le temps ce soir de commencer un article mais le projet est lancé, il ne nous reste plus qu'à y ajouter des plumes d'écriture pour qu'il s'envole.
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