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 La Corée du Nord : Tandis qu'ils agonisent.

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Réanimateur Vixoun'

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MessageSujet: La Corée du Nord : Tandis qu'ils agonisent.   Ven 16 Fév - 2:05

Les camps de concentration de la seconde guerre mondiale. Nous les avons tous en mémoire. Mais à l'époque où ça se passait, personne ne voulait le croire, personne n'en parlait, personne ne cherchait même à s'informer.

Aujourd'hui, il se passe la même chose dans les camps de travail de Corée du Nord. Au moment même où vous lisez ces lignes, des dizaines de milliers de personnes sont enfermées dans ces camps, sous-alimentées, torturées, fusillées, pour la simple raison qu'elles ne plaisent pas au parti autoritaire de Kim Jong-il.

Daniel Mermet, journaliste à France Inter, dont l'émission Là-bas si j'y suis passe du lundi au vendredi à 15 h, rediffuse actuellement des reportages fait en 1999 par son équipe. (J'en profite pour en balancer sur le président de Radio France, Jean-Paul Cluzel et le directeur de Frédéric Schlesinger qui ont déplacé cette émission politiquement incorrecte à ces horaires entrainant une baisse d'audience de 50% ! Les vendus !)

Le premier de ces reportages m'a tellement fichu en désordre, bousculé, que j'ai décidé de le recopier et de le poster.
Voici donc la rencontre entre Daniel Mermet (DM) et une rescapée des camps, madame Li-Sun-Ok (LSO).
Les mots coréens et chinois sont traduits approximativement avec notre alphabet. Vous excuserez les probables erreurs commises.


Prenez simplement le temps de lire.


Daniel Mermet — Là, de l’autre côté du pont, du côté Corée du Nord, on voit une inscription. Attend ! s’il peut s’arrêter…Stop, stop, stop !

Traductrice — Nan, nan on ne peut pas s’arrêter là.

DM — Alors là, on ne peut pas s’arrêter, mais ce qu’on voit de l’autre côté du pont, sur le premier bâtiment du côté de la Corée du Nord, c’est une inscription qui dit…

Tr — …« Vive le général Kim Jong-il, le soleil du XXIème siècle » et l’autre inscription dit « Conservons la direction du parti des travailleurs ».

Reporter — « Conservons la direction du parti des travailleurs »…Et là il y a le drapeau, le drapeau Nord Coréen rouge, bleu et blanc.

DM — C’est le pont frontière entre la Chine et la Corée du Nord ; et là il y a beaucoup de militaires, beaucoup de gardes, beaucoup…

Garde — parle en Coréen

Tr — C’est là, c’est le village qui s’appelle « Sam Djang » d’où venaient les gosses qu’on a vus tout à l’heure.

DM — Ah ! Les gosses viennent de l’autre côté de la frontière. C’est des gosses qu’ont l’habitude de traverser la frontière.

*** *** ***

DM — Dans les années soixante, un journal satyrique américain avait fait scandale : la couverture représentait un chien, pleine page, avec un revolver sur la tempe. Et le texte disait : « Si vous n’achetez pas ce journal, nous tuons ce chien ».
En Corée du Nord, vingt-deux millions ou vingt-trois millions de Coréens ressemblent à ce chien, pris en otage par un pouvoir cinglé, entre Ubu et Staline, dans l’indifférence quasi-générale, le peuple de Corée du Nord agonise. Camp de la faim, camp de la mort, combien sont-ils dans ce camp, au juste ? Nous ne savons pas. Nous ne savons presque rien de ce qu’il se passe dans cet état prison ; depuis 1953 la Corée du Nord s’est totalement fermée de l’intérieur. Enfermement total, enfermement mental, un état carcéral paranoïaque. Depuis 1995, Nous savons cependant que la famine tue en Corée du Nord. Le gouvernement lui-même l’a reconnu faisant appel à l’aide alimentaire internationale. Combien de victimes de la famine en Corée du Nord ? On ne devrait évidemment pas poser la question : un seul cas de famine dans notre monde devrait suffire à notre indignation. Combien ? A qui profite ce crime ? Car c’est un crime ; le pouvoir Nord Coréen attribue cette famine aux inondations qui ont sévi, mais personne n’est franchement abusé. Depuis l’effondrement de l’URSS et le grand virage de la Chine, la Corée du Nord ne reçoit plus les soutiens dont le régime profitait depuis 1945.
L’empire ermite est en faillite. Staline ; Ubu ; Amin Dada. Le pouvoir fait tout pour rester au pouvoir, en utilisant toute sa capacité de nuisance : la menace nucléaire, prise très au sérieux, et puis aussi la famine, la politique du ventre. Le pouvoir mendie l’aide pour pouvoir se maintenir. Ce peuple est pris en otage mais ne doit pas tout savoir ; il ne faudrait pas que le peuple se révolte, il ne faudrait pas que ce peuple sorte, que les réfugiés, massivement, gagnent la Chine ou par boat-people gagnent le Japon, parce qu’autour on a peur. La Chine a peur, le Japon a peur, la Corée du Sud aussi et les Etats-Unis. Donc ce peuple est prit en otage par le pouvoir lui-même, par le régime, mais aussi par la communauté internationale, c’est-à-dire par nous tous. Les gens ordinaires ne savent pas que tout est possible. David Rousset, rescapé des camps, réduit à l’irréductible, avait compris qu’on ne comprendrait pas. Robert Anthelme, lui aussi disait comment, au retour, les survivants dont il était, voulaient raconter, parler, parler et encore parler. Et cependant, « c’était impossible, écrit-il, à peine commencions-nous à raconter que nous suffoquions. A nous même, ce que nous avions à dire commençait alors à nous paraître inimaginable. » Inimaginable. Les récits, les témoignages que vous allez entendre à partir d’aujourd’hui dans « là-bas si j’y suis », que vous allez partager, sont inimaginables. Pour la première fois, vous allez entendre avec le temps, sur la durée, la voix de ceux qui fuient l’enfer de la Corée du Nord.
Je dis avec « le temps », je dis « les voix », parce que depuis quelques années, les témoignages des rescapés sont recueillis, notés, compulsés, pour démontrer, pour prouver, pour tâcher d’établir une vérité. Je vous demande simplement de les écouter, de les partager, de les vivre et de les imaginer. Parce qu’au cours de ses reportages, vous allez vous dire « mais, est-ce que c’est vrai ? Qu’est-ce qui me prouve que c’est la vérité ? Pourquoi parlent-ils ? Est-ce qu’ils ne sont pas manipulés ? ». Les doutes sont inévitables et nécessaires, mais ils permettent aussi d’éviter d’aller plus loin, de rester incrédules, comme on était incrédule lorsqu’on parlait des famines en Ukraine dans les années 30, des dégâts du grand bond en avant en Chine ou tout simplement, plus près de nous, j’allais dire plus familier, les récits des survivants des camps. On refusait de croire, on refuse de croire et vous refuserez de croire parce que c’est trop d’inhumanité. Mais si on veut croire en l’humanité, il faut comprendre l’inhumanité.

Irmji est une ville dans la province de Jilin, qui est proche de la frontière avec la Corée du Nord. C’est de là que nous partirons pour longer le fleuve Toumène par où les gens de Corée du Nord, les réfugiés fuient leur pays et se cachent à travers ces provinces qui jouxtent la frontière. Il faut savoir que dans ces provinces, il y a des Coréens qui vivent depuis longtemps, donc les aident ou au moins leur permettent d’avoir un lien au moins linguistique et un certain nombre passe et repasse ce fleuve pour rapporter à leur famille des bricoles, un peu d’argent qu’ils peuvent ramener de Siela. Mais on va commencer ces reportages avec une femme que j’ai rencontrée à Séoul. Elle s’appelle Li-Sun-Ok. Elle était cadre du parti communiste Nord Coréen et elle a fui sont pays en 1992. Depuis 1995, elle vit à Séoul. Elle est une rare, une des très rares rescapés de ce qu’il faut appeler le Goulag de Corée du Nord. 150 000 à 200 000 personnes vivent aujourd’hui dans ce type de camps ; Vivre évidemment est un mot excessif. Ils ne sont pas les seuls prisonniers à l’intérieur de cet état prison, il y a d’autres types de camps, mais ceux-ci sont les pires camps qu’on puisse imaginer. Inimaginable ; le récit de madame Li-Sun-Ok.

*** *** ***

Li-Sun Ok par Tr — Je suis Li-Sun-Ok, je suis venue en décembre 1995 de la Corée du Nord avec mon fils.
A partir de 1970, j’ai été chef du centre d’approvisionnement et j’ai occupé ce poste pendant 17 ans.

DM — C’est un poste clef ?

LSO — Le centre d’approvisionnement est très important pour le régime.

DM — Vous êtes d’une famille qui était proche de l’appareil, du régime ?

LSO — Déjà mon grand-père luttait contre l’occupation Japonaise, donc depuis longtemps nous étions d’une famille qui était très proche du régime.

DM — Est-ce que vous avez connu Kim Il-sung ?

LSO — Oui, j’ai eu l’occasion de le voir souvent et lorsqu’il y a des manifestations ou des évènements importants, j’y ai participé. Je suis rentrée à 23 ans dans le parti des travailleurs. Pendant 20 ans j’ai été au sein du parti. J’étais vraiment fidèle à Kim Il-sung.

DM — Est-ce que vous aviez le privilège de voyager ?

LSO — Oui, je pouvais voyager ; les affaires m’ont poussée à aller à l’étranger, c’était pour le business pas proprement dit un voyage.

DM — Vous n’aviez aucun doute sur le régime ?

LSO — J’étais parfaitement consciente du paradoxe économique qui était dans notre pays car je voyais la réalité de notre pays. En temps que membre du parti, j’ai toujours pensé que je devais être fidèle, toute ma vie, à Kim Il-Sung ou Kim Jong-Il. Je pensais que c’était ça le communisme et je voulais déployer tous mes efforts pour qu’il y ait une autosuffisance dans ce pays, pour qu’on puisse avoir de nos propres mains les produits dont on avait besoin.

DM — Quels étaient les privilèges dont vous jouissiez. Est-ce que vous aviez une voiture, la télévision, un grand appartement ?

LSO — Oui, le parti m’a donné une voiture et j’avais aussi une maison assez grande, pour moi toute seule et j’étais libre d’aller où je voulais.

*** *** ***

Extrait audio de télévision
DM — Le document que vous avez entendu, c’est la télévision de la Corée du Nord ; évidemment une seule chaîne qui à longueur de journée fait l’éloge de feu Kim Il-Sung, le grand leader, et de Kim Jong-Il, son fils. C’est un cas de, comment pourrait-on dire, de monarchie stalinienne puisque le fils a hérité du père. C’est un culte total, permanent à ses deux personnages, le père qui est décédé maintenant et le fils vivant, qui montre un enfermement mental complet. S’il y a une répression totale et de chaque instant contre tout ce qui peut sortir, qui essaye d’échapper à cette terreur, il faut savoir qu’en Corée du Nord on pourchasse aussi les personnes qui présentent des handicaps physiques ou mentaux. Les personnes de petite taille, les nains par exemple sont pourchassés et sont exterminés ; c’est au moins ce que certains témoignages rapportent. L’ensemble de ses témoignages, petit à petit, finit par donner une idée de ce qu’il se passe à l’intérieur de ce pays. On verra dans la suite de nos reportages, les témoignages de ceux qui fuient à travers le fleuve au Nord vers la Chine. Là, il s’agit de transfuges qui ont quitté la Corée du Nord, parfois il y a quelques années et qui ont trouvé refuge en Corée du Sud, dont récemment l’ex numéro trois de Kim Il-Sung, Wang Jang-Yop qui a confirmé qu’effectivement, le bilan de la famine en Corée du Nord depuis 1995 s’élevait à trois millions de victimes.
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Réanimateur Vixoun'

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MessageSujet: trop long   Ven 16 Fév - 2:06

(l'article est trop long pour loger dans un seul message)

*** *** ***

LSO — C’est un préfet de police qui m’avait demandé de lui donner des pots de vins, des tissus pour des costumes et j’ai refusé. C’était un point de départ, mais je pense que j’ai fait l’objet d’une purge. Comme la vie devenait de plus en plus difficile en Corée du Nord, Kim Jong-Il a senti la nécessité de faire partir quelqu’un qui était en poste important.

DM — Pour quelle raison ?

LSO — C’est comme ça la société nord-coréenne. Si le peuple est mécontent à l’égard de Kim Jong-Il, et bien Kim Jong-Il organise ces purges…

DM — Pour satisfaire le peuple ?

LSO — Oui, il change les cadres et comme ça, ça distrait les gens.

DM — C’est une stratégie tout à fait classique, tous les pouvoirs font ça, c’est le syndrome du bouc-émissaire.

LSO — Comme ça les fautes de Kim Jong-Il retombent sur nous et le peuple est content.

DM — Vous avez l’impression d’avoir servi un pays communiste ou une dictature ? Ou les deux ?

LSO — La Corée du Nord n’est pas un pays communiste. C’est ce que dit seulement le régime Nord Coréen. Ce n’est pas une société communiste, c’est une société qui est dirigée par une seule personne qui est Kim Jong-Il.
Dans une société communiste, si je regarde les livres de Lénine, de Engels, de Mark, c’est l’Homme qui doit être tout au sommet de cette société. Déjà, tous les Hommes doivent être égaux, ce qui n’est pas le cas en Corée du Nord. Il faut être libre, il faut que cela ressemble à une société démocratique. Il ne faut pas réprimer les gens, il ne faut pas violer les droits de l’Homme. La première raison pour laquelle la société nord-coréenne n’est pas une société communiste est qu’elle est très hiérarchisée. Il faut être né dans une bonne famille, c’est très important. On est dans ce cas privilégié. Si on fait parti du parti on est privilégié. Les cadres également. La plupart des travailleurs ne sont même pas considérés comme des êtres humains. Ils n’ont pas leurs droits, la liberté de presse, la liberté de se déplacer. Personne n’est libre de penser ou d’exprimer ce qu’il veut.

DM — Est-ce que vous étiez au courant par exemple des livres de Soljenitsyne ? Est-ce que vous étiez au courant de ce qui c’était passé à Budapest en 1956, à Prague en 1968. Enfin tout ce qu’on pouvait apprendre petit à petit sur la vraie nature du Stalinisme en Union Soviétique, est-ce que vous saviez ce qu’avait été le grand bond en avant, par exemple en Chine, ou ce qu’était la révolution culturelle ? Est-ce que toutes ces informations vous parvenaient ?

LSO — Oui. On informait les cadres sur la situation internationale.

DM — Vous ne saviez rien sur les goulags ?

LSO — Personnellement je savais. Je savais qu’il y avait des camps de concentration en Roumanie, en URSS, en Chine, mais j’ai toujours pensé que dans ses camps il y avait des personnes, des criminels anti-révolutionnaires qui sont vraiment opposés au régime. Ce n'est pas comme en Corée du Nord où la plupart des gens sont des gens innocents.

DM — Mais dans les goulags aussi !

LSO — Oui, bien sûr. Après avoir vécu ma propre expérience et après être venue en Corée du Sud, je me suis aperçue que beaucoup d’innocents mouraient dans ces camps-là.

DM — Quand vous avez été arrêtée, vous aviez connaissance de ce genre de camps ?

LSO — Je savais avant d’y aller, mais seulement de manière très vague, que quand on rentre dans ce camp, on ne peut pas en sortir vivant. La seule faute que j’ai faite, c’est d’avoir été fidèle envers Kim Il-Sung et d’avoir fait tous les efforts possibles de toute ma sincérité pour améliorer la situation.

DM — Vous avez eu un procès ?

LSO — Oui, j’ai eu un procès populaire. Dans un procès populaire, il n’y a pas de juge, d’avocat ou de procureur. On ne décide pas si la personne à fait telle faute ou pas.

DM — C’est une condamnation, ce n’est pas un procès ?

LSO — C’est ça. Le parti des travailleurs annonce que cette personne-là n’a pas suivi les directives de Kim Jong-Il, donc au nom du peuple, il est condamné.

DM — C’est tout. Vous avez essayé de vous défendre ?

LSO — Non, ça n’existe pas, vous n’avez pas le droit de parole. On assiste à ce procès, le parti annonce que vous êtes condamné tant d’années au nom du peuple.

DM — Et vous avez été condamnée à combien d’années ?

LSO — 13 ans.

DM — 13 ans de camps…

LSO — On m’avait ligotée et j’ai dit que je n’avais pas commis de faute. Et comme j’ai parlé, comme j’ai dit une phrase, les policiers qui m’entouraient se sont jetés sur moi et m’ont frappée à coups de pied et de crosse de pistolet. J’ai reçu tellement de coups que je saignais de partout, mon nez, ma bouche...
Quand on m’a relevée, j’ai été obligée de dire que c’était de ma faute, que je n’avais pas bien suivi les directives du parti, que toutes les fautes venaient de moi. Après on a reconfirmé que c’était pendant 13 ans et puis c’était tout. Je n’ai pas vu ma famille, on m’a emmenée toute seule.
Après ma déportation, mon mari a également été emmené dans un camp et a subi des travaux forcés.

DM — Vous avez été condamnée à 13 ans et lui aussi a été condamné parce qu’il était votre mari ?

LSO — En Corée du Nord, si vous êtes fait prisonnier politique, toute la famille est châtiée, sur trois générations.
Mon fils qui était à l’université de Kim Il-Song a été également déporté en 1987.

*** *** ***

DM — Ca c’est le pont qui fait frontière entre la Chine et la Corée du Nord. De l’autre côté, c’est la Corée du Nord et sur un bâtiment, il y a le drapeau de la Corée du nord et un slogan…

Tr — …qui dit « vive le général Kim Jong-Il, le soleil du XXIème siècle » et un autre panneau qui dit « conservons la direction du parti des travailleurs ».

DM — Tout ce dispositif-là, il est autour des réfugiés. Alors on sent bien que des réfugiés passent régulièrement, parce que là on voit des militaires avec des matraques qui patrouillent. C’est vraiment pour mater le fuyard, le clandestin.

*** *** ***

DM — Etat forteresse, état forcené, état ermite, empire ermite, la Corée du Nord menace ses voisins et menace le monde. De la menace nucléaire aux inondations, des aventures balistiques à la famine, la Corée du Nord ne cesse de jouer de sa capacité de nuisance, de la menace de sa vulnérabilité, des risques d’explosions ou d’implosions, tout ça pour soutirer de ses amis ou ses ennemis, peu importe, les ressources qui sont nécessaires à sa survie et au maintien du pouvoir au pouvoir. C’est un chantage et les états et pays voisins ne sont pas pressés de trouver une solution politique à ce chantage, à cette situation. La réunification n’intéresse personne et on se demande comment arriver à ce qu’on appelle en géopolitique, soft landing, c’est à dire, un atterrissage en douceur. En attendant, on ne sait pas si c’est bien 220 000 personnes qui sont mortes de famine ou des suites de la famine comme le gouvernement l’a annoncé en Corée du Nord, ou bien si c’est trois millions et plus selon certains observateurs. Ce qui se passe à l’intérieur de ce pays est vécu aujourd’hui par des hommes, des femmes et des enfants. On en a rencontrés quelques-uns du côté chinois de la frontière et pour l’instant c’est le témoignage de madame Li-Sun-Ok que nous écoutons. Je vous rappelle qu’elle était cadre du parti communiste nord-coréen et qu’elle a fui son pays en 1992 à la suite d’années dans les camps de Corée du Nord, dans les goulags nord-coréens.

*** *** ***

LSO — J’ai été torturée, j’ai été enfermée pendant 14 mois dans des cellules souterraines. Ici et les traces-là sont les traces des menottes. On m’avait attachée, on m’avait ligotée sur les barreaux des fenêtres. Toutes ces cicatrices sont des cicatrices que j’ai eues parce qu’on m’avait attachée au mur et c’est pour ça que ça s’est déboîté.

DM — Et votre visage ?

LSO — On m’avait attachée à la chaise et comme je suis une femme, les hommes se sont jetés sur moi, ont déchiré mes habits et m’ont fouettée. Et moi je voulais résister par pudeur, et en résistant, ils m’ont frappée encore plus sur le visage. Je ne me rappelle pas quand est-ce que j’ai reçu les coups, mais quand je me suis réveillée quelques heures plus tard, quand j’ai ouvert mes yeux, tout mon visage était vraiment gonflé, il y avait du sang par terre, il y avait du sang sur tout mon corps je ne pouvais même pas ouvrir mes yeux. Et quand j’ai retrouvé mon esprit, il y avait quelque chose dans ma bouche et j’ai craché et c’était les dents de ce côté-là qui étaient toutes cassées.
Le soir, l’hiver, on m’avait fait agenouillée pieds nus sur le fleuve gelé, c’était moins 30°, et le sang ne passait pas à travers mes jambes, tout était gelé, mes ongles sont tombés.
Le plus dur à supporter, c’était la torture à l’eau. Ils avaient fabriqué une bouilloire spéciale pour la torture : on faisait rentrer le bec dans la bouche, ça faisait ouvrir la gorge également et c’était vraiment affreux et terrible. On me faisait avaler de l’eau, je ne sais pas quelle quantité j’ai avalée, je ne me souviens même pas. Ils versaient de l’eau, ça rentrait dans l’estomac, je perdais conscience, je restais évanouie et quand je rouvrais mes yeux, je ne voyais même pas clairement autour de moi. Il y avait deux ombres qui étaient près de moi et qui donnaient des pressions sur mon estomac avec des planches de bois. L’eau ressortait par tous les trous de mon corps, par les oreilles, par le nez par la bouche, partout. Ils piétinent sur mon estomac jusqu’à ce que toute l’eau soit sortie. Ca fait vraiment très, très mal, c’est affreux. Je ne peux pas le décrire.
Au début, je n’avais qu’une seule pensée, c’était de mourir rapidement pour oublier toutes ces douleurs. Mais après quelques mois je me suis dit que si je mourais ici sans faire savoir aux autres mon innocence, mon mari ou mon fils se trouveraient dans des positions plus difficiles. Donc quelques mois après je me suis dit qu’il fallait absolument que je survive.

DM — Et donc vous avez dit ce qu’ils voulaient ?

LSO — Oui. On m’a dit que si je prenais toutes les responsabilités, ils laisseraient ma famille en sécurité. Et moi, j’ai cru ce qu’ils disaient et j’ai avoué ce qu’ils voulaient. Mais j’ai été déportée moi-même. Mon mari également, mon fils également.
La seule faute que j’ai faite c’est que j’ai été loyale envers Kim Il-Song. Mon mari, lui, il est mort à cause de moi et ma famille est devenue comme ça.

DM — Votre mari est mort comment ?

LSO — Il est mort dans le camp. Je ne sais pas la date exacte. Seulement j’ai entendu dire qu’il est mort.
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MessageSujet: Re: La Corée du Nord : Tandis qu'ils agonisent.   Ven 16 Fév - 16:19

Contrairement à ce que dit Daniel Mermet, à la lecture de ce reportage, je ne doute aucunement de ce qui y est dit.
Je sais combien les personnes à la tête du pouvoir sont menaçantes, cruelles, sans autres pensées que la conservation de ce pouvoir.

Ce témoignage me fait penser au roman de George Orwell 1984. A lire absolument, si ce n'est déjà fait.
Ce qui est malheureux, c'est que l'histoire de George Orwell est fictive, et bien que je ne sois pas surprise de la cruauté de l'homme au pouvoir, je ne savais pas que de telles choses se produisaient aujourd'hui...

Ce que décrit Li-Sun-ok est équivalent à toutes les horreurs qui sont arrivées pendant la seconde guerre mondiale (entre autre), et cela est tout autant horrible.

Mais comment lutter contre ces camps ?
Des gardes y surveillent l'accès, les personnes qui y vont n'en reviennent pas, ou très peu, et il ne reste que les témoignages des détenus contre la parole du général Kim Jong-il et de ses nombreux alliés. Nombreux alliés, car il est préférable d'être de son côté si on veut échapper aux horreurs. Mais Li-Sun-ok nous montre qu'il a un pouvoir encore plus grand que cela, car même les personnes dévouées à cet homme peuvent finir dans les camps. Pour l'exemple...
Cet homme fait ce qu'il veut, sans morale, sans coeur, sans justice, mais seulement par intérêt.
Face à des témoignages de personnes détruites, sa parole est divine, et les répercutions fatales.

Il n'y a pas de mots pour parler de cela, tellement c'est monstrueux.
Et quant aux solutions pour faire cesser cette inhumanité, une illusion ? silent
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Sherwood
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MessageSujet: Re: La Corée du Nord : Tandis qu'ils agonisent.   Sam 17 Fév - 22:13

No Mais nan mais nan mais nan !! Laissez moi encore croire que le monde est beau, par pitié ! Crying or Very sad

Pourquoi ? Comment peut-on réussir à contraindre des gens comme ça ? Non, je n'ai pas pu tout lire.

Ca m'a fait penser à "La vingt-cinquième heure" de Virgil Georghiu, à moi de vous conseiller un livre. Seulement, c'était un livre, inspiré du réel, certes, mais déjà je n'ai pas pu lire certains passages. Pardon, mais je ne finirai pas la lecture de tout ce que tu as écrit.Neutral

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MessageSujet: Utopie...   Sam 17 Fév - 23:34

Croire que le monde est beau, que tout va bien, ce n'est pas de l'optimisme, c'est de l'utopisme au sens d'idéalisme politique. Ca n'existe malheureusement pas, et s'en rendre compte, c'est malheureusement "prendre conscience".

Ouvrir les yeux
J'aurai pas dû
J'ai pas supporté ce que j'ai vu
Eblouie l'innocence
Enterrée l'insouciance
De mon enfance
Aveuglés à jamais les espoirs
Pour mon adolescence
Cette souffrance
Ça s'appelle prendre conscience

Sinsemilia, Chanson : Simple d'Esprit, Album : Debout les yeux ouverts.

Des gens ont essayés de créer des utopies. Ce sont les communistes de la première heure ou les révolutionnaires français. Ca finit toujours par tourner en dictature, qu'il s'agisse de la Terreur française ou du stalinisme russe.

Par certain côté, un utopiste est un mélange entre Mafalda et Susanita, les personnages de Quino.

La première écoute les nouvelles, se forge des opinions, pas toujours juste ou réaliste, pas toujours en phase avec la réalité, mais elle n'a que six ans et le lecteur lui pardonne, car on sait qu'elle comprendra en grandissant.
La seconde ne veut pas savoir, elle n'arrête pas d'engueuler Mafalda pour que celle-ci arrête de lui raconter tous les malheurs de la planète.

Se bander les yeux et vouloir changer les choses malgré tout, ça ne peut pas marcher. Soit on décide de voir le monde comme il est et on s'arme pour pouvoir changer les choses, à notre échelle, à notre façon, soit on décide de devenir passif, apathique et on supporte comme possible la vie passée sur Terre.
Je ne suis sur Terre que de passage, de toute façon, alors plutôt que d'avoir à supporter ma vie, je veux la vivre et la rendre utile à quelque chose, ne pas subir ce que je n'ai pas envie de lire dans les journaux.

study Références :
Like a Star @ heaven Wikipedia, article sur l'Utopie
Like a Star @ heaven todohistorietas.com pour l'image de Mafalda
Like a Star @ heaven psaumes.fr pour les paroles de chanson


Dernière édition par le Jeu 1 Mar - 1:20, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La Corée du Nord : Tandis qu'ils agonisent.   Sam 17 Fév - 23:49

... quant aux solutions ? J'ai tourné et retourné cette question dans ma tête. Je ne pense pas qu'il y ait de solution à cela.

Il y a quelques temps, j'ai eu la chance de lire le journal de bord d'un homme qui a pris part à un voyage organisé en Corée du Nord. Organisé, il l'était : les "touristes" (!) commençaient par abandonner leur téléphone portable, leurs caméra, leur appareil photo... L'enfermement qui émane de la Corée du Nord est un enfermement silencieux et aveuglant.

Aussi, comme les "touristes" ne possèderaient en tout et pour tout que leur mémoire comme seul enregistrement, le voyage tout entier était truqué : des autochtones qui n'avaient pas le droit de ne serait-ce qu'échanger un regard avec les étrangers, aux cadeaux obligatoires déposés au pied des statues de Kim-Jong Il et Kim-Il Sun. Je pense que ce trucage avait plusieurs visées :

1) En montrant aux Occidentaux que nous sommes que les Coréens sont matés et dociles, peut-être le régime espère-t-il induire en nous des pensées du type "Peut-être que ce n'est pas si terrible que ça, après tout... Si c'était vraiment aussi horrible qu'on le dit, ils se rebelleraient." C'est peut-être une conclusion un peu trop poussée, un peu trop osée, j'attends vos avis là-dessus...

2) Que les étrangers soient obligés de présenter des cadeaux aux dictateurs donne à ceux-ci [aux étrangers] une impression de toute-puissance de l'Etat, toute-puissance dont ils ne manqueront pas de faire part à leurs compatriotes une fois rentrés chez eux.

3) Je suppose que le régime ne manque pas de se targuer d'obliger les étrangers à vénérer Kim-Il Sun et Kim-Jong Il...

Quand je pense à la Corée du Nord, je pense à l'illusion. Image qu'un pays se donne à lui-même, image qu'un pays donne au reste du monde. Rien n'est réel, du multipartisme apparent - les différents partis ne sont en réalité que des morceaux du Parti Unique, celui de Kim-Il Sun - aux défilés organisés à Pyongyang - défilés qui n'ont pour but que de susciter l'effroi des nations étrangères et de gagariser la puissance militaire du pays auprès de ses habitants. Je ne dis pas que la souffrance du peuple nord-coréen n'est pas réelle : je dis que c'est sur une illusion qu'elle s'appuie.

Je dis qu'il faut faire tomber le masque.

Les Nations Unies se TAPENT éperduement de la souffrance d'un peuple tout entier. Seules les relations internationales comptent : Kim-Jong Il n'est-il pas l'un des hommes les plus riches de la Terre... ? On évite généralement de le crier sur tous les toits. Là où je veux en venir, c'est que l'illusion existe des deux côtés. Nous avons beau savoir que l'aide humanitaire ne passe pas, nous avons beau savoir que des êtres humains (des êtres humains comme nous, qui ont simplement eu le malheur de naître au mauvais endroit, au mauvais moment) crèvent sous le même ciel que nous, nous ne faisons rien. Ou plutôt, nous restons terrés chez nous, les yeux fixés à nos télévisions, à espérer que tout continue à aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.

... quant aux solutions ? La seule solution est de faire quelque chose. Faire quoi ? Je n'en sais rien. Mais pour l'heure, nous attendons. Pour l'heure, nous espérons que tout aille bien. Pour l'heure, nous sommes obligés de nous cantonner à glaner des informations çà et là, par voie de hasard. Et ils changent les horaires des émissions... !
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Sherwood
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MessageSujet: Re: La Corée du Nord : Tandis qu'ils agonisent.   Sam 17 Fév - 23:51

une utopie politique, comme je le lis ici a pour idée de critiquer l'ordre existant et de réformer en profondeur. C'est donc ce que tu souhaites faire, non ?
bom Personnellement, convaincue de ce que le monde est pourri, je renonce à vouloir y changer quelque chose. Qu'ils se débrouillent ! En vérité, j'aimerais bien pouvoir y faire quelque chose, mais il y a trop à faire. Par où commencer ? Si on regarde bien, il y a plus de malheurs que de bonheurs, sur notre planète. Et personne ne va se bouger. Sauf quelques personnes, qui vont se tuer à essayer de changer les idées, mais que vont-elles y gagner ? Une reconnaissance posthume, au mieux. Parce que de leur vivant elles auront tenté, on les admirera, mais jamais on ne les imitera en masse.

pirat Combien faut-il être, au minimum, pour faire avancer un groupe ? D'accord, nous avions débattu de celà alors que nous n'étions qu'un groupe de cinq, et déjà il en fallait plus de la moitié du même avis pour décider les autres. On est six milliards sur terre. Va motiver un milliard et demi de personnes s'arrêter de se détruire !

Mais si tu as une idée claire, nette, précise et dont on peut voir très vite les résultats (positifs et encourageant, ça av de soi), j'adhère à donf !

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MessageSujet: Très vite !   Dim 18 Fév - 1:19

La définition première de l'utopie, selon le texte dont tu donnes le lien, serait une vision meilleure mais possible du futur.
Mais cette définition à changé.
Je souhaiterais effectivement réformer en profondeur les politiques du monde. C'est mon utopie. Je sais que ce n'est pas possible. Je le souhaite mais ne le peut.

C'est impossible parce que ne pouvons changer un système en place depuis des dizaines d'années en peu de temps. Tu dis je cite : "si tu as une idée claire, nette, précise et dont on peut voir très vite les résultats, j'adhère à donf".
Le problème, c'est que tu voudrais voir très vite les résultats. Et ça, c'est exactement l'idée actuelle de la politique. Plus aucun politique ne fait de projet à long terme pour avoir des chances d'être réélu. On veut voir les résultats tout de suite ! Et on ne pense pas à l'avenir.
Si on changait simplement cette vision de la politique, on changerait la politique elle-même.
Je suis personnellement anticapitaliste. Mais je sais pertinament que l'argent est aujourd'hui indispensable au bon fonctionnement de la société. J'ai beau être persuadé qu'un monde sans dollar qui fait briller les yeux, sans euro plus fort que le dollar, sans yen, un tel monde serait plus juste, je n'ose l'imaginer parce que de mon vivant et de celui des centaines de générations à venir, l'argent sera au centre du pouvoir.
Alors je prône une meilleure répartition des richesses. C'est la voie la plus concrète que j'ai trouvée pour nous conduire à mon utopie : si nous devenions tous égaux en droit et en devoir, nous n'aurions plus besoin monuments imaginaires que l'Europe s'invente sur ses billets.
Alors je continue à utiliser mes pièces, j'en donne parfois quelques unes à un pauvre qui n'en voit pas souvent la couleur. Je n'ai pas beaucoup de moyen de mieux répartir les richesses, mais j'en cherche et même si ce ne seront que des idées, j'en trouverai.

Tu dis aussi : "nous n'étions qu'un groupe de cinq, et déjà il en fallait plus de la moitié du même avis pour décider les autres.".
Ouah ! Nous avions alors réinventé la démocratie participative ! Fabuleux.
Malheureusement en démocratie, ce n'est pas le peuple qui gouverne ! Comment ça, ça ne colle pas avec la définition ?
Raffarin, inspiré, disait :
"Ce n'est pas la rue qui gouverne !"

Mince ! A l'école publique, c'est ce qu'on m'a appris pourtant.
Et lui aussi a fait l'école publique : lycée Henri-IV de Poitiers, c'est publique...
Bon, c'est vrai qu'après, il a étudié le droit et ça conditionne son bonhomme la fac de droit.

En parlant de conditionnement, pour atteindre l'utopie que l'on s'est fixée, lorsque on peut enfin la concrétiser, il faut changer l'état d'esprit de la société.
Ce changement d'état d'esprit peut prendre deux formes :
Like a Star @ heaven un changement en profondeur, argumenté et digne de raison (j'allais dire raisonnable, mais le mot à changé de sens lui aussi), que chacun puisse comprendre et que le plus grand nombre fasse sien. Un tel changement s'inscrit dans la durée, car les débats et les contradicteurs qu'une telle démarche devrait supporter seraient nombreux.
Like a Star @ heaven la seconde solution, déjà expérimentée par l'Histoire, est celle d'un conditionnement des gens. Ce que l'on vous dit est la vérité, puis qu'on vous le dit. C'est l'installation d'un régime autoritaire pour mettre tout le monde d'accord avant d'installer un régime équitable.
Ce sont des jeunesses communistes ou hitlériennes, une chaîne de télévision unique, un ministère de la propagande, un conseil de censure, etc. Le problème, c'est qu'un régime totalitaire utilisé comme cause pour la mise en place d'un régime égalitaire...hum...

Bref, il faut ouvrir des débats, proposer des idées contaminantes comme ce reportage sur la Corée, c'est-à-dire qui marque l'esprit, incite à réfléchir et incite à parler du problème autour de soi.
Soyons des virus si nous voulons voir grandir nos idées !

Alors voici ce que je propose en premier lieu :
Like a Star @ heaven Chercher l'ennemi à combattre.
Like a Star @ heaven Chercher des arguments contaminants se bassant sur des faits réels et si possibles présents qui mettrait à mal cet ennemi.
Like a Star @ heaven ensuite seulement viendront les débâts.

Et surtout, surtout, arrêtons de vouloir aller vite.
Comme le dit notre cher ministère de l'intérieur : La Vitesse Tue !
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MessageSujet: Corée du nord à la télévision   Dim 4 Mar - 22:31

Puisque tu renies la télévision, mais que tu la regardes sur internet (tongue), regarde donc l'émission "Sept à huit" (TF1 Embarassed) de ce dimanche 4 mars qui illustre parfaitement ton article sur la Corée du nord. Idea
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MessageSujet: Re: La Corée du Nord : Tandis qu'ils agonisent.   

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La Corée du Nord : Tandis qu'ils agonisent.
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